Les 4 ères de la civilisation humaine

L’approche technohumaniste permet de mieux appréhender la révolution technologique majeure qui secoue actuellement nos sociétés et nos entreprises : la révolution numérique.

 

Ère préagricole  Ère agricole  Ère industrielle  Ère numérique

 

Depuis de début de la civilisation humaine (ère préagricole), l’humanité a connu trois grandes périodes de transformation : la révolution agricole, la révolution industrielle et maintenant la révolution numérique.

La civilisation humaine vit actuellement la transition entre l’ère industrielle et l’ère numérique. Cette révolution, comme les précédentes, touche tous les secteurs de la société : les médias, le monde de la finance, les entreprises manufacturières et même la politique.

Les sciences issues de la mécanique classique ont permis le développement des technologies de la révolution industrielle : les moteurs thermiques, l’électricité et la chimie.

La révolution numérique, quant à elle, a été rendue possible grâce à l’invention du transistor en 1947. Ceci a donné naissance aux microprocesseurs et aux ordinateurs modernes. Le transistor a été rendu possible grâce aux semi-conducteurs qui sont des applications de la mécanique quantique.

Le tableau 1 présente des exemples de différences entre les différentes ères de la civilisation humaine.

Tableau 1 — différences entre les différentes ères de la civilisation humaine

Domaine Ère préagricole

(- 200 000 à -3 500 ans)

Ère agricole

(-3 5000 à 1750)

Ère industrielle

(1750 à 1947)

Ère numérique (1947 à ?)
Place de l’homme dans l’Univers La terre est au centre de l’univers La terre est au centre de l’univers Le soleil est au centre de l’univers. l’homme est au centre de rien et chaque homme est au centre de son univers
Physique Naturelle Aristotélicienne Newtonienne Mécanique quantique et relativité
Technologies fondamentales Taille de pierre, maîtrise du feu Élevage, agriculture Machines thermiques, électricité, chimie Transistor et GPS
Principales sources d’énergie Musculaire (humaine) Musculaire (humaine, animaux et esclaves) Fossile Renouvelable
Source de richesse Ressources naturelles d’un territoire Terre agricole Produits manufacturés Information
Stockage et transfert d’information Langage Écriture Imprimerie Internet
Taux de transfert d’information (copie de la bible) Transmission orale 4 ans, 1 copie 2 ans, 500 copies (bilble islandaise, circa 1550) 8 secondes (téléchargement)
Organisation du travail Chasseur-cueilleur pluridisciplinaire, Séparation en 3 ordres : prêtres, nobles, paysans Compagnies à capital Travailleur du savoir, équipes autogérées ?
Religion Animiste Polythéisme,

monothéisme

Monothéisme ?
Politique Tribu Royaume, empire, dictature État nation, Démocratie représentative, dictature ?
Mode de vie Nomade Sédentaire, campagne Sédentaire, ville Sédentaire, métropole
Travail L’homme vit dans la nature. Pas de distinctions entre lieu de résidence et lieu de travail Maison et ferme situées au même endroit Maison séparée de l’usine. Le travail est possible partout où le réseau est accessible
% de la population urbaine[1] 0% <5% Entre 5 et 80% >80%

 

 

L’évolution techno sociale supplante l’évolution biologique

L’homo sapiens est un hominidé social apparu il y a environ 200 000 ans. Il est le fruit d’une évolution complexe de plusieurs millions d’années.

Depuis le début de l’ère agricole il y a environ 5 000 ans, l’évolution concomitante des technologies et des sociétés a totalement éclipsé l’évolution biologique par sa rapidité. Cette évolution techno sociale s’est accélérée avec la révolution industrielle et s’accélère encore avec la transformation numérique dans laquelle nous baignons.

 

Le défi : piloter le changement pour maximiser les bienfaits des changements technologiques pour les individus et la société

Le technohumanisme ne réfute pas la technologie : Il n’est pas possible de revenir en arrière. La terre ne pourrait pas soutenir 7 milliards de chasseurs-cueilleurs. Elle place l’homme au centre d’un environnement techno social. Les deux s’influencent mutuellement : la société influence la technologie et la technologie influence la société. La technologie étant neutre, c’est ce que l’on en fait qui la rend profitable ou néfaste pour l’individu ou la société.

Le technohumanisme prône l’innovation et l’optimisation de l’utilisation des technologies pour en maximiser les bienfaits, ceci en respectant le mieux possible de design biologique de l’être humain afin de tenir compte du potentiel et des limitations biologiques du chasseur-cueilleur que nous sommes vraiment.

Cette approche est particulièrement pertinente dans le contexte de la transformation numérique de la société. Les changements technologiques que nous vivons impactent toutes les sphères de la société, des familles et des entreprises et les milieux de vie.

L’homme s’est adapté, non sans problèmes, à l’agriculture puis à la vie industrielle. Il doit maintenant s’adapter à la révolution numérique.

 

 

 

 

Une société numérique qui respecte mieux le design biologique de l’homme ?

La société numérique qui s’invente chaque jour sous nos yeux est, à bien des égards, probablement plus proche de la société traditionnelle de chasseur-cueilleur que celle de l’ère agricole ou celle de l’ère industrielle.

Un premier exemple est la sédentarité. Le chasseur-cueilleur pouvait chasser partout sur son territoire, il n’était pas attaché à son champ qu’il devait labourer jour après jour ou son poste de travail sur une chaîne de montage. Aujourd’hui, une grande partie des travailleurs numériques peuvent travailler de partout (et tout le temps) tant qu’ils ont un accès à un réseau Internet.

Un autre exemple touche aux moyens de production : chaque chasseur-cueilleur était en mesure de faire du feu et de fabriquer des outils en pierre. Les outils de chacun étant relativement équivalents, c’est les aptitudes et les compétences des hommes qui faisaient la différence. C’est un peu la même chose pour le travailleur numérique : aujourd’hui pas mal tout le monde a accès à un ordinateur portatif et/ou un téléphone intelligent. Tous les ordinateurs portatifs et tous les téléphones étant équipés des mêmes logiciels et même applications, la différence vient avant tout des aptitudes et des compétences.

Un troisième exemple est l’analogie entre un groupe de chasseurs-cueilleurs et une équipe de développement agile : les deux sont largement autogérées et on à peu près la même taille. Dans les deux cas, les membres de l’équipe ont toute la latitude pour exécuter l’ensemble des tâches et se partagent les bénéfices de la réalisation d’équipe.

Durant l’ère agricole, la qualité des terres était le facteur déterminant permettant aux hommes de se démarquer. Durant l’ère industrielle, c’est les moyens de production comme les matières premières et les machines, propriétés de l’entreprise qui faisaient la différence. Dans, l’ère numérique, c’est l’information et les compétences de chaque individu qui font la différence.

 

 

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Urbanization_in_the_United_States, consulté le 8 avril 2018

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